" La poésie est une salve contre l'habitude"

Henri Pichette, Les Epiphanies.

05 mars 2015 ~ 0 Commentaire

Guitare

C’est un vieil air de guitare

Qui m’a réveillée cette nuit.

Il avait longtemps fui

Mais revenait aux amares

De ma mémoire

Pour me murmurer

Un doux réquisitoire.

Je me suis murée

Dans le silence

Mais ai attendu

Sa clémence

Qui a disparu

Avec le temps.

Il avait amené

Dans son rang

Mes simagrées

Et vieux mensonges

Même en m’enfermant

Dans mes songes

Je n’ai pu éviter

Tous ces souvenirs

D’une autre vie

Qui m’ont envahie

Et fait pourrir.

L’air se répète

Encore et toujours

Moi je l’interprète

Sous le même jour

Que ce soit un ou dix ans

Je refais la même erreur

Puis soudain de peur

Je le maudit et me repens.

 

23 avril 2014 ~ 2 Commentaires

Valse

Marche sur la Lune

D’un inconnu

Seul  à sa plume

Son roman

Perdu

tombe sur lui

L’anneau de Saturne

Puis saute soudain

Tout seul ingénu

tourne en trois temps

Pensées dans la Lune

Valse et reprend

Sa marche de fortune

 

 

19 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Un jour sans fin

En écoutant Fauve.

Réveil brutal à 6 heures du matin

Assailli d’idées noires

De vieux souvenirs, de mauvais rêves et autres conneries

Qui reviennent comme ça, sans prévenir

On  sait pas pourquoi

Alors on les chasse

On leur dit d’aller prendre un verre et de revenir en fin de journée

Ou juste d’aller se faire voir

Eh puis on va bosser

Avec ce spectre d’idées noires

Ce vieux frère fantomatique qui nous lâche plus depuis un bail

Avec le soleil qui nous nargue à la fenêtre

Comme pour nous dire « Eh toi là! tu restes enfermé toute la journée

Dans ta propre bêtise

Et pourquoi? Pour de la paperasse dont tout le monde se fout

Tout le monde sauf toi

Parce que t’es persuadé qu’il n’y a que ça qui compte.

Si tu me regardais deux secondes pour une fois?

Si tu regardais par la fenêtre et que t’arrêtais de penser à tes papiers?

Si tu comprenais pour une fois que t’es pas tout seul,

Qu’il y a plein d’autres types comme toi qui galèrent

Et qui vivent aussi dans un bureau parmi des dossiers

En ignorant qu’il y a une vie en dehors? »

Mais on ne l’écoute pas

On continue à se prendre la tête sur trois fois rien

En pensant que notre vie en dépend

On répète les mêmes erreurs.

Ça nous soulage peut-être, au fond

De faire toujours les même choses et les mêmes conneries

Ça nous permet de nous dire qu’on a une raison d’être malheureux

Et de se plaindre.

Alors, la boucle bouclée on rentre chez soi

Mais c’est toujours la même chose

Le chat qui hurle  pour qu’on l’aime

Alors qu’il se fout bien de notre gueule

Les voisins qui nous font partager leur scène de ménage

Le plancher qui grince

Tout se répète

Encore et encore

La boucle est bouclée

Et on aimerait changer

Mais on ne peut pas

Parce qu’on n’ose pas s’avouer que le train train quotidien nous rassure.

Parce qu’on a peur de s’écarter de rang

Et de tenter le diable

Parce qu’on est tous paumés dans la même brume

La même purée de vieux souvenirs

Et qu’on tente de se convaincre qu’on est aveugle

Pour ne pas devoir chercher le phare

Qui nous sortirait de là.

 

 

 

 

19 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Brume sonore

Ces notes qui m’arrachent la tête

Puis soudain m’enlacent

Serait-ce une rengaine connue

Ou une promesse d’échec?

Elles coulent sur mes feuilles

Et caressent mes espoirs

Comme pour mieux étouffer.

C’est un relent de ce passé que je fuis,

Qui toujours me hante

Et me porte, m’encourage

Puis m’engloutit.

17 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Du temps des autres

Confus

Tout est si embrouillé

Fermer

Ah, une feuille

Et un crayon.

De la musique? Qu’importe

Confusion

Que faire?

J’ai envie de hurler.

À rester des heures devant une feuille

Et un crayon

C’est comme si je courais après un espoir

Qui n’a jamais existé.

Clic.

Tiens? La musique change.

Qu’importe.

Rien n’a plu d’importance.

Le temps s’est arrêté.

Il avance pourtant trop vite

Je n’ai pas eu le temps de remplir cette feuille.

C’est important pourtant, non?

Ressasser, toujours la même chose.

Ah, un air joyeux.

Et connu. Ça change

Mais au fond rien n’a changé

Le temps n’avance plus.

 

27 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Ronde

Je danse pour oublier ma peine

Je danse pour ne pas m’asseoir

Pour délaisser les ennuis

Je danse pour matérialiser le rêve

Pour caresser l’espoir d’un jour meilleur

Et devenir une note de musique durant un instant

Légère et douce dans l’air

Unique et multiple, fière et sereine

Je danse pour ne pas travailler

Pour me persuader que le passé est mon proche futur

Et que l’après est lointain

Pour refaire cent fois le même geste

Jusqu’à la perfection

Sans personne pour me juger

Je danse pour interprêter mille fois la même chanson

Pour exprimer mille émotion en un seul geste

Pour regretter toujours la fin de  la musique

Et la remettre ensuite

Pour croire qu’on a toujours une seconde chance

Que l’erreur est permise

Je danse pour déformer le temps

L’étirer sans fin

Et le rejouer encore

Je danse pour qu’une minute soit une heure

Que chaque seconde danse avec moi

Je danse pour que la ronde du temps

Se fige

Puis reparte en m’oubliant

Je danse pour moi et pour d’autres

Pour tous ceux qui me connaissent

Pour ceux qui ne m’ont jamais vue

Pour ceux qui m’oublieront

Pour ce qui pensent à moi

Et ceux qui ne m’aiment pas

Je danse pour qu’on me voie

Pour me cacher

Pour rire et pleurer

Pour refaire toujours la même journée

Pour réparer mes erreurs

Me leurrer

Je danse pour  l’inconnu

Qui m’a vue dans la rue

Pour qu’il repense à moi

Quand il m’a dépassée

Je danse pour exister

Pour vivre mille fois dans chacune des pensées

Des passant qui me voient.

 

17 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

À toi lecteur

Seul fidèle à mes infidèles

Prêtre des mots, juge suprême

Tu es toujours près de mes vers

Si loin pourtant, si réfractaire

Au sens premier, tu donnes vie

À mes palabres, de mes acquis

Tu te fais maître, mais trébuchant

Sur mon paraître, ne comprenant

Mes broderies, tu leur assignes

Tes propres lettres. « Je » te désigne

« Tu » est un autre; mes vers sont tiens,

La moindre phrase t’appartiens

Elle t’apprends à te connaître:

Je t’offre un mot, tu me rends l’être.

10 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Voyage à l’amer

Promenade à l’amer

Voyage dans le temps…

Ballotée doucement

Par les relents d’hier

Dans des flots de mémoire

Je me suis égarée.

Sur les quais, la marée

Agite ses eaux noires

Tourbillon infini

D’insipides pensées

Ni le vent ni la houle

Ne semblent s’arrêter

Les souvenirs s’écoulent

Dans le fond du mouroir.

 

Doux voyage à l’amer

Caresse d’anciens temps…

Le murmure incessant

Des embruns dans l’éther

Résonne sur la plage

Comme un chant oublié.

J’ai le cœur à l’envers

L’esprit dans les nuages

Le regard dans le vague

Les mains dans le passé

Au loin le jour écume

Et les ombres paressent

Puis soudain disparaissent

Fantômes d’amertume.

 

 

Escapade à l’amer

Évasion dans le temps…

Contemplant un moment

L’onde trouble et austère

J’arrache au paysage

L’effluve de beauté

Qui le rend si volage

Et pourtant désiré.

Je ne veux le céder

Emplis mon être entier

De son nom, son adage

Son charme téméraire

Mais ne peux l’emporter…

Ne reste que la houle

De mes espoirs fanés

Qu’un amas de poussière,

Du sable qui s’écoule

Entre mes poings serrés.

22 août 2013 ~ 2 Commentaires

Trait de crayon

D’un geste, d’un regard, d’un soupir

Tu pourfends le noir des idées

Caresses l’espoir envolé

Eclipsant l’illusion d’un sourire.

 

Ni le soleil qui ne vient pas

Ni le doux rêve qui s’en va

Ne peuvent rompre la candeur

De tes attentes, de ta douceur.

 

La tâche la plus dure,

La prends avec plaisir

Les secrets les plus sûrs

Les délies au saisir

 

Le trouble ne t’atteint pas

La douleur ne t’enivre pas

Car tu es et tu restes

Dans l’échos de mes pas

La douceur de tout timbre,

Le chant de toute voix.

 

14 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Conviction

Sans un regret, sans une tache

Portant au cou se probité

Elle marchait sur une place

L’esprit ouvert à l’anxiété.

Peu importait en cet instant

Ce qu’elle eût dit ou eût pensé

Elle guettait de temps en temps

La peine au loin se dessiner.

Elle attendit, une heure, deux heures

Larme en parure, rire en pensée

Mais ne vit que, dans sa torpeur

Le jour lentement décliner.

Point d’amertume, un peu de peur

C’était du moins sa volonté

Mais cependant tournent en choeur

L’heure pour leurre, larme en pensée;

Sourire aux lèvres, elle est brisée.

Arrive enfin silhouette au loin

Elle se lève, sèche son rire

Masque sa peine et son délire

S’avance pour parler un brin.

L’ombre approche et doucement sème

Larmes de rire, rires de larmes

La jeune fille discerne l’âme:

trait pour trait elles sont les mêmes.

Se contemplant semblable aux morts

Elle est de nature précaire

Corps sans vie, âme sans corps,

L’une et l’essence, l’autre la chair.

Ne comprenant tout d’abord pas

Elle se sent soudain guérie

Point de remords, point d’embarras,

Elle est fière de ses acquis

La conviction s’est retrouvée

Se croyant vaine et sans ardeurs

Elle retrouve sa gaité

Sourire aux lèvres, sourire au coeur.

 

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